Posté le 13 janvier 2007 sur le forum de Manon:

Après deux années de régime, vient le temps du bilan.

A 24 ans, après 2 années de douleurs dorsales intermittentes
et fortes (allant parfois jusqu'au malaise), un rhumatologue
pose le diagnostique de ma SPA en juillet 2003. C'est un 
grand soulagement pour moi car enfin mes douleurs sont prises
au sérieux et les médecins arrêtent de me dire que c'est
sûrement psychosomatique. De plus le traitement proposé
à base d'anti-inflammatoires et de séances de kiné me réussit
particulièrement bien. En moins d'une semaine mes douleurs
disparaissent et en 6 mois j'ai quasiment la souplesse d'une
personne normale. Bien sûr le matin j'ai besoin d'une bonne
heure de dérouillage avant de pouvoir faire tous les mouvements
mais ça n'est pas douloureux, juste un peu inconfortable.

A partir de cette date, je parle beaucoup de ma maladie
à mon entourage et j'ai une grande discussion avec un de
mes oncle qui est médecin généraliste. Il me dit que l'un
de ses patient atteint lui aussi de SPA suit un régime
alimentaire spécifique. Comme il a l'air d'avoir de bons
résultats mon oncle s'est renseigné et il a acheté
le bouquin de Seignalet.
Il me le prête une semaine pour que je puisse me faire ma
propre opinion. J'ai déjà entendu parler de ce régime
« ancestral » sur internet et par d'autres connaissances
mais je crois que c'est cette rencontre qui m'a vraiment
convaincue de la possible efficacité d'un tel changement
d'alimentation.

Pendant plus d'un an, je continue de m'informer sur
l'alimentation façon Seignalet, en particulier sur internet
mais je ne l'applique pas. Je ne vois pas vraiment l'intérêt
de me priver de ce que j'aime alors que le traitement
anti-inflammatoire est si efficace. Je teste de temps en
temps des recettes compatibles et je me fais offrir des
bouquins de cuisine sans gluten ni caséine.

En janvier 2005, mon mari et moi même commençons à
envisager d'avoir un enfant. Ce ne sera pas pour tout de
suite car je travaille à Paris tandis qu'il habite à Aix en
provence mais cette situation devrait s'arrêter l'année
suivante et je pense qu'il me faudra au moins ce temps
là pour tester efficacement le régime. En effet,
les anti-inflammatoires sont incompatibles avec
une grossesse.
Je supprime donc gluten et caséine de mon alimentation le
3 janvier 2005. Je prend également des compléments
alimentaires et je consomme de l'huile de colza et olive
de première pression à froid. Par contre je ne suis pas
les recommandations en matière de température de cuisson.
J'évite simplement les grillades et je ne mange pas ce
qui a cramé. Je ne me gène pas pour faire des pâtisseries
cuites à 180°. Dans le même temps je m'inscrit à l'appart
et j'y trouve une bonne ambiance et des conseils judicieux.

Tous les mois, j'essaye pendant une semaine de diminuer
les doses d'anti-inflammatoires mais les trois premiers mois
cela n'est pas concluant. Après avoir lu un post de Manu
sur la cure de pomme je me dis que je ne risque
rien à tester.
Je profite donc d'un grand week-end pour ne manger que
des pommes pendant 3 jours et la semaine suivante je
diminue la dose d'anti-inflammatoires par deux. Encore
quelques jours et j'arrive à m'en passer totalement.
Je prend 4 à 6 g de paracetamol par jour et les douleurs
sont encore présentes mais elles sont largement
supportables.
De plus mon nez ne coule plus et mes crises d'eczema sont
largement moins nombreuses. Je commence à y croire.
Je reste méfiante cependant car je sais bien que la SPA
évolue par crises et il est possible que je sois juste
dans une bonne période.

Durant les 6 mois suivants je reste à l'écoute de mon corps.
J'adapte le régime à mes propres réactions et je fais parfois
quelques écarts. Certains n'ont aucun effets et d'autres
sont rapidement suivis de problèmes divers (gaz, maux de
ventre, retour de l'eczema, douleurs aux sacro-illiaques ou
monté en flèche des marqueurs inflammatoires lors
des prises de sang). J'identifie de nouveaux aliments que
je supporte difficilement ( le soja doit être limité ainsi que
les tomates et les aubergines, la plupart des fruits
exotiques aussi. Je supporte très bien le vin rouge
mais je réagis à certains vin blancs,
la charcuterie doit être consommée avec
modération ainsi que les cacahuètes et noix de pécan).
Par contre je supporte les fromages cuits si je n'en
consomme pas plus d'une fois par semaine.
Je peux donc profiter d'une raclette ou d'une
tartiflette avec des amis de temps en temps. Et quoi
qu'il arrive, en cas de signes d'une réaction imminente,
la cure de pomme (même sur une journée) reste efficace
pour stopper l'inflammation.

Fin janvier 2006, je quitte enfin mon boulot parisien pour
venir vivre à Aix en provence avec mon mari. En un an,
j'ai perdu 8 kilos (3 kilos dès le premier mois puis environ
1 kilo par mois les 5 mois suivants avant de me stabilier).
Je prend une capsule de bion3 et 2 gélules d'ergymag
chaque matin et j'ai une boite d'ergyphilus
au frigo pour les périodes de crises. Je consomme environ
une boite de paracétamol par mois et je profite pleinement
de mes séances de kiné. Je suis tombée enceinte en
avril et ma grossesse s'est déroulée sans aucun problème.
Jusqu'au dernier moment j'ai été en pleine forme et j'ai
profité des fêtes de Noël en famille.
J'ai accouché de Gustin le 29 décembre 2006. C'était un
gros bébé de 4,135 kg qui est arrivé par voie basse
sans aucun problème malgré toutes les menaces de 
mon rhumato (« avec les sacro-illiaques
atteintes vous aurez forcement une césarienne »),
heureusement que mon gyneco m'a fait confiance.

La grande chance que j'ai, c'est la compréhension
de mon entourage vis à vis de cette alimentation
« bizarre ». Que se soit ma famille, ma belle famille
ou mes amis, il respectent tous mon choix et se
débrouillent toujours pour que j'ai quelque chose
à manger ou me préviennent si le menu n'est pas
adapté pour que je puisse amener moi même
mon dîner. Certains sont même très intéressés et
font parfois des essais pour diminuer leur propre
consommation de gluten et caseine.
Au cours de ces deux années, j'ai rencontré plusieurs
professionnels de santé (médecins généralistes, kiné,
rhumato...) leurs réactions ont été variées.
Je crois que plusieurs ont été convaincu au point
d'en parler à certains de leurs patients. D'autres
m'ont pris pour une folle ou une inconsciente
(mais comment allez-vous allaiter
votre bébé sans consommer de laitage! ben comme les
vaches, je vais manger de l'herbe...).

Gustin

Voilà, c'était un peu long mais j'espère que ce témoignage
pourra donner du courage à certains et motiver d'autres à se
lancer dans l'aventure d'une alimentation adaptée. Pour ma
part, je crois que je ne consommerais plus jamais de pain
ni de pizza et je ne le regrette pas.

Evine